Spa & Détente

Onsen japonais : les codes du bain thermal à connaître avant d’y aller

Sophie Girard 22 min de lecture

Dans un Onsen, la détente commence avant même le bain. Les gestes sont codifiés, mais ils reposent tous sur une idée simple : préserver une eau partagée et laisser à chacun un espace calme, propre et confortable.

  • Un bain thermal japonais se prend après une douche complète, assise, avec rinçage soigneux du corps et du poste de lavage.
  • La nudité est la règle dans les bains séparés, tandis que la petite serviette reste hors de l’eau.
  • Les rideaux indiquent les espaces avec 男 pour les hommes et 女 pour les femmes, les couleurs n’étant pas fiables.
  • Les bains privatifs permettent souvent de contourner la question des tatouages ou de découvrir l’expérience à son rythme.
  • Des immersions de dix à quinze minutes, séparées par des pauses et de l’eau à boire, évitent le yuatari, le malaise lié à une chaleur trop longue.
Terme japonais Écriture Ce qu’il désigne
Onsen 温泉 Un bain alimenté par une source répondant aux critères thermaux japonais.
Sentō 銭湯 Un bain public de quartier chauffé avec l’eau du réseau.
Datsuijo 脱衣所 Le vestiaire où vêtements, grande serviette et téléphone restent au casier.
Araiba 洗い場 La zone de lavage avec tabourets, douchettes et bassines.
Rotenburo 露天風呂 Le bassin extérieur, souvent ouvert sur un jardin, une forêt ou la montagne.
Kashikiri-buro 貸切風呂 Un bain privatisable, réservé pour une durée définie.

Comprendre ce qu’est un Onsen japonais avant le bain thermal

Un Onsen japonais n’est pas simplement une piscine chaude. La loi japonaise sur les sources thermales, promulguée en 1948, encadre précisément cette appellation. L’eau doit jaillir du sous-sol à au moins 25 °C ou contenir une quantité réglementée de minéraux spécifiques. Elle peut être sulfurée, bicarbonatée, chlorurée, acide, ferrugineuse ou encore chargée en dioxyde de carbone.

Cette distinction compte, surtout quand un voyage prévoit un séjour en ryokan. Le ryokan est une auberge traditionnelle où le bain fait souvent partie de l’expérience, au même titre que le yukata, le repas servi sur un plateau bas et les tatamis. Un sentō propose des usages très proches, avec des vestiaires séparés, une zone de lavage et un bassin collectif. Il utilise toutefois une eau chauffée du réseau, parfois enrichie d’additifs, sans être une source naturelle au sens administratif.

Le Japon compte environ 27 000 sources déclarées et près de 3 000 stations thermales. Certaines sont devenues des destinations à part entière. Dōgo Onsen, à Matsuyama, apparaît dans des textes classiques japonais. Arima Onsen, près de Kōbe, est célèbre pour ses eaux riches en fer et en sel. Kusatsu, dans la préfecture de Gunma, se distingue par une eau très acide et un débit naturel spectaculaire. Ces différences ne sont pas seulement décoratives. Elles modifient la température du bain, son odeur, la sensation sur la peau et les précautions à adopter.

Une eau sulfurée peut laisser une odeur minérale très reconnaissable sur les cheveux ou le maillot de bain, quand celui-ci est autorisé dans un espace spécifique. Une eau ferrugineuse peut prendre une teinte brun-orangé. Une eau acide, comme à Kusatsu, demande davantage de retenue si la peau est irritée, fraîchement épilée, récemment exfoliée ou sensibilisée par un rétinoïde. Un gommage corporel aux acides de fruits appliqué la veille, suivi d’un bain très chaud et acide, peut picoter franchement. Ce n’est pas une réaction à forcer.

Le panneau placé près des bassins indique souvent le senshitsu, soit la nature minérale de la source, sa température à l’émergence et parfois ses usages traditionnels. Ces indications ne remplacent pas un avis médical. Elles racontent une culture thermale ancienne, liée au tōji, la cure de plusieurs jours ou semaines. Dans certaines régions du Tōhoku, des établissements proposent toujours des séjours simples avec cuisine commune, loin du spa décoratif et des promesses surdimensionnées.

La mention gensen kakenagashi mérite aussi un regard. Elle signifie que l’eau de source s’écoule en continu sans être recyclée dans un circuit fermé. Le terme est parfois mis en avant comme un argument de standing, mais il renseigne surtout sur le mode d’alimentation du bassin. Les incidents de légionellose liés à des eaux mal entretenues au début des années 2000 ont renforcé les contrôles sanitaires dans les établissements japonais. Une eau courante ne dispense donc jamais un lieu d’un entretien rigoureux.

La relaxation recherchée dans ces eaux chaudes tient moins à une formule secrète qu’à une association très concrète. La chaleur dilate les vaisseaux superficiels, le corps ralentit, les épaules se relâchent et le bruit quotidien s’éloigne. Après une journée de marche dans Kyoto ou une longue correspondance ferroviaire, cette pause peut faire du bien. Elle ne remplace ni le sommeil ni l’hydratation, mais elle aide souvent à retrouver une sensation de corps plus léger.

Entrer dans un bain thermal au Japon sans se tromper de vestiaire

Les rideaux en tissu suspendus à l’entrée s’appellent des noren. Ils donnent le premier repère utile, mais leur couleur ne suffit pas. Le bleu est souvent associé aux hommes et le rouge aux femmes, sauf que certains établissements inversent les espaces chaque jour. Cette rotation permet aux hôtes de tester deux ambiances ou deux vues différentes. Les caractères 男 et 女 restent le seul repère fiable.

男 se lit otoko et désigne l’espace masculin. 女 se lit onna et signale l’espace féminin. Les panneaux 男湯 et 女湯 indiquent plus précisément les bains des hommes et des femmes. À l’accueil, l’équipe peut aussi préciser si les bassins changent de côté selon l’heure ou le jour. Regarder les casiers et l’affichage avant de pousser le noren évite le malaise très simple à prévenir.

Une fois dans le datsuijo, tout reste au casier. Vêtements, montre connectée, bijoux, téléphone, grande serviette et appareil photo ne passent pas la porte du bain. L’interdiction des photos est absolue. Elle protège la nudité des autres personnes, mais aussi l’atmosphère du lieu. Même une photo du plafond, d’un robinet ou d’un bassin vide peut mettre mal à l’aise dans un espace où chacun a le droit de ne pas être observé.

Le maillot de bain n’est pas admis dans un Onsen traditionnel séparé par sexe. Cette règle peut surprendre quand on découvre la tradition japonaise, surtout si l’on vient d’un spa européen où le textile est obligatoire. Dans ce contexte, la nudité n’a rien de spectaculaire. Elle appartient au fonctionnement du bain public. On enlève ses vêtements, on se lave et on entre dans l’eau comme les autres personnes présentes.

Une petite serviette, souvent appelée tenugui, accompagne le trajet entre le vestiaire et la zone de lavage. Elle peut couvrir le corps pendant quelques pas, servir à se savonner ou absorber l’eau avant de retourner au vestiaire. La grande serviette reste sèche au casier. Ce détail évite de faire entrer de l’humidité dans la zone où les personnes s’habillent, se coiffent et rangent leurs affaires.

Les cheveux longs se relèvent avant d’approcher du bassin. Un chignon simple ou une pince tient mieux qu’une grosse barrette métallique qui chauffe et gêne contre l’appui-tête. Les cheveux ne doivent pas tremper dans l’eau commune. Le même réflexe vaut pour les cheveux courts qui arrivent encore pleins de mousse, de spray texturisant ou d’huile capillaire. La douche préalable enlève ces résidus avant que le corps rejoigne le bassin.

Les personnes qui portent un maquillage couvrant gagnent à l’enlever avant le bain. Un fond de teint longue tenue, un mascara waterproof ou une crème solaire teintée ne sont pas faits pour flotter dans une eau minérale chaude. Dans un ryokan, une routine minimale suffit largement. Un démaquillant doux, un nettoyant sans tensioactifs agressifs, puis une crème légère après le bain font plus de travail qu’une superposition de sérums dans une chambre surchauffée.

Le rapport au corps peut demander quelques minutes d’adaptation. La plupart des habituées ne regardent pas les autres. Elles suivent un rituel connu, avec une concentration assez pratique sur leur panier, leur douchette et leur place dans le bassin. Cette discrétion rend l’expérience plus simple qu’elle n’en a l’air. Le lieu fonctionne quand personne ne fait de la nudité un événement.

Respecter l’étiquette de l’Onsen dans la zone de lavage et le bassin

La règle qui structure toute l’étiquette consiste à arriver propre dans le bassin. L’araiba, la zone de lavage, aligne des douchettes, des tabourets bas, des bassines et des flacons de shampoing ou de savon. Tout invite à s’installer assise. Se doucher debout et envoyer de l’eau savonneuse sur les personnes voisines est un geste mal vécu, même lorsqu’il n’y a personne juste à côté.

Le déroulé reste très simple. On s’assoit sur le tabouret, on mouille le corps, on se savonne entièrement, on rince avec attention, puis on lave les cheveux si nécessaire. Les pieds, l’arrière des jambes, la nuque et le bas du dos méritent autant d’attention que les bras. Une douche rapide de trente secondes ne correspond pas à l’usage. Le bassin n’est ni un jacuzzi ni une baignoire domestique où le savon disparaît sous l’eau.

  • Installe-toi sur le petit tabouret avant d’ouvrir la douchette afin de limiter les projections autour de toi.
  • Rince le savon sur le corps et les cheveux jusqu’à ce que l’eau qui coule ne mousse plus.
  • Nettoie le tabouret, la bassine et le carrelage proche avant de laisser la place suivante.
  • Fais un kakeyu, une aspersion progressive d’eau chaude, avant d’entrer dans le bassin.

Le kakeyu n’est pas une toilette miniature. Il s’agit d’un sas thermique. On puise un peu d’eau avec la bassine et on en verse sur les jambes, les bras, le ventre puis les épaules. Ce geste permet au corps de s’habituer à la chaleur. Il évite l’entrée brutale qui fait monter le rythme cardiaque et montre aussi du respect pour l’eau commune.

La petite serviette ne touche jamais le bassin. Elle se plie sur le rebord, se pose sur le sommet du crâne ou reste dans la main. Elle ne se tord pas au-dessus de l’eau, même si elle est trempée. Le geste paraît minuscule, mais il traduit le principe du lieu. Ce qui a servi au lavage ne rejoint pas une eau où les autres viennent se reposer.

Dans le bassin, les mouvements restent lents. Pas de plongeon, pas de nage, pas de planche et pas de massage énergique contre les parois. Les conversations existent, surtout entre proches, mais le volume demeure bas. Dans un rotenburo, le bain extérieur, les sons du jardin, de la pluie ou du vent font partie du plaisir. Une conversation portée comme au restaurant coupe cette ambiance pour toutes les personnes alentour.

« Un Onsen n’est pas une piscine chaude. Le corps y entre propre, la serviette reste hors de l’eau, et le calme fait autant partie du rituel que les minéraux. »

Les enfants sont souvent acceptés dans les bains publics japonais lorsqu’ils sont accompagnés, mais cela ne transforme pas l’espace en aire de jeux. Un parent garde l’enfant près de lui, surveille ses déplacements et évite les éclaboussures. Les très jeunes enfants peuvent aussi être trop sensibles à des bassins à 42 °C. La température affichée près de l’eau aide à décider si une immersion courte est adaptée.

Certains bains affichent un dépôt blanchâtre ou brunâtre à la surface. Il peut s’agir de yunohana, des flocons minéraux liés à la composition de la source. Ce n’est pas automatiquement de la saleté. Dans des stations soufrées, ces dépôts sont parfois récupérés et vendus pour le bain à domicile. L’eau peut avoir une apparence moins transparente qu’un bassin chloré occidental tout en étant parfaitement conforme à son mode d’exploitation.

Le même respect s’applique au temps occupé dans un bassin petit. Lorsqu’un bain ne contient que quatre ou cinq places, s’installer au centre avec les jambes étendues laisse moins d’espace aux autres. Se décaler légèrement et garder une posture compacte rend la cohabitation plus fluide. La tradition japonaise se lit beaucoup dans ces détails silencieux.

Gérer la chaleur, les minéraux et la relaxation après l’immersion

Une eau thermale chaude donne parfois l’impression de pouvoir rester indéfiniment dans le bassin. C’est rarement une bonne idée. La chaleur augmente la vasodilatation et peut provoquer une baisse de tension, surtout après une longue marche, un repas copieux, une nuit courte ou un verre d’alcool. Le yuatari décrit ce malaise du bain trop long. Il commence souvent par une sensation de tête légère, des nausées, une fatigue soudaine ou un cœur qui s’emballe.

Des bains de dix à quinze minutes, séparés par une pause hors de l’eau, sont plus confortables qu’une immersion continue. Il n’y a aucun trophée à rester vingt-cinq minutes dans une eau à 42 °C. Boire de l’eau avant et après fait partie du rituel, surtout dans un ryokan où le thé, le dîner et les bains successifs s’enchaînent facilement.

L’alcool et l’eau très chaude forment une association à éviter. Les établissements l’interdisent souvent, et le motif est concret. L’alcool favorise déjà la déshydratation et perturbe la perception des signaux corporels. Entrer dans un bassin après plusieurs verres de saké augmente le risque de malaise ou de chute sur un sol humide. Une douche froide brutale à la sortie n’est pas non plus nécessaire. Quelques minutes assise, dans un endroit tempéré, permettent au corps de redescendre plus progressivement.

La peau réagit différemment selon la nature des sources chaudes et selon ce qui a été appliqué avant. Une peau fragilisée par un peeling à l’acide glycolique à 10 %, un gommage à grains ou une épilation récente peut chauffer et rougir davantage. Les eaux fortement soufrées ou acides sont parfois moins agréables dans ce contexte. La chaleur ne répare pas une barrière cutanée irritée. Elle peut au contraire rendre les picotements plus nets.

Après le bain, l’usage japonais veut souvent que l’on ne se rince pas à l’eau claire afin de laisser sur la peau une fine pellicule minérale. Cette habitude fonctionne bien pour beaucoup de sources, mais elle n’est pas rigide. Dans une eau très acide ou très sulfurée, un rinçage rapide peut être préférable si la peau devient inconfortable. Les personnes sujettes à l’eczéma, au psoriasis actif, à l’urticaire ou aux irritations persistantes ont intérêt à demander conseil à un professionnel de santé avant de multiplier les immersions.

Le bon geste après le bassin consiste à s’essuyer sommairement avec le tenugui avant de repasser dans le vestiaire. Le sol doit rester sec. Une fois habillée, une lotion corps sans parfum ou une crème contenant 2 à 5 % d’urée peut convenir aux peaux sèches, surtout si la vapeur et les bains répétés donnent une sensation de tiraillement. Le corps encore légèrement humide retient mieux l’émollient qu’une peau laissée à sécher complètement pendant une demi-heure.

Ce besoin de confort cutané ne justifie pas une routine complète au bord du bassin. Les huiles très parfumées, les beurres riches appliqués en couche épaisse et les brumes alcoolisées ne sont pas très pratiques avant de remettre un yukata. Une formule simple à base de glycérine, de squalane ou de céramides suffit largement pour limiter la sensation de peau rêche. Un soin corps ne doit pas créer un film collant sous le coton du vêtement.

Le yukata se ferme avec le pan gauche qui recouvre le pan droit. L’inverse est réservé à l’habillement des défunts. La règle se retient facilement une fois connue. La ceinture se noue devant ou légèrement sur le côté, sans serrer excessivement l’abdomen après le bain et le repas. Dans beaucoup d’auberges, il se porte dans les couloirs et jusqu’à la salle à manger.

La chaleur peut aussi influencer le sommeil. Un bain pris une à deux heures avant de se coucher aide certaines personnes à relâcher les tensions accumulées dans les trapèzes, les mollets ou le bas du dos. Il vaut mieux éviter un dernier bain brûlant juste avant de se glisser sous la couette si l’on supporte mal les palpitations. Une immersion modérée, suivie d’eau et d’un moment calme, laisse une sensation plus stable.

Tatouages, bains privatifs et situations particulières dans les onsens

Les tatouages représentent encore le principal point de friction dans de nombreux établissements. Leur association historique avec les organisations criminelles a longtemps conduit les auberges et bains publics à les interdire sans distinction. Une enquête de l’Agence japonaise du tourisme publiée en 2016 montrait déjà des pratiques variables. Une partie des hébergements refusait les visiteurs tatoués, d’autres acceptaient les motifs couverts, et certains accueillaient tout le monde sans condition.

La situation est plus nuancée aujourd’hui, notamment dans les zones très fréquentées par les voyageurs internationaux. Elle reste locale. Un grand hôtel urbain peut accepter un tatouage discret quand un bain de quartier, très attaché à ses habitués, applique une interdiction stricte. L’information se vérifie sur le site de l’établissement, auprès de l’office de tourisme local ou à l’accueil avant de se changer. Arriver au vestiaire avec un tatouage visible en espérant négocier crée une situation inconfortable pour tout le monde.

Les tattoo seals, grands pansements couleur peau vendus en pharmacie, peuvent convenir aux petits motifs lorsque l’établissement les autorise. Ils doivent adhérer correctement avant le bain. Un pansement qui se décolle dans une eau chaude ne résout rien. Les motifs étendus sur le dos, la cuisse ou le bras restent difficiles à couvrir avec discrétion, même avec des patchs conçus pour cet usage.

Le kashikiri-buro apporte une autre solution. Il s’agit d’un bain privatisé pour une durée définie, souvent quarante-cinq minutes ou une heure. Il convient très bien aux personnes tatouées, aux couples, aux familles avec enfants ou à celles qui veulent découvrir la nudité sans bain collectif. Cette option peut être payante et demande parfois une réservation dès l’arrivée au ryokan. Certaines chambres possèdent également un rotenburo-tsuki kyakushitsu, un bain extérieur privé intégré à la chambre, avec un tarif plus élevé.

Un tatouage cosmétique demande lui aussi une vérification. Après un tatouage des sourcils, la chaleur, la vapeur, l’eau et le frottement peuvent perturber la cicatrisation ou la tenue des pigments durant les premiers jours. La zone ne doit pas être immergée ni exposée à une vapeur intense pendant la période recommandée par la praticienne. Un voyage au Japon se planifie plus confortablement lorsque cette prestation date de plusieurs semaines plutôt que de la veille du départ.

Les femmes enceintes, les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires, d’hypertension mal équilibrée ou de malaises fréquents demandent un avis médical avant les bains très chauds. Les affichages japonais peuvent mentionner des contre-indications générales, mais le corps reste le meilleur signal. Une sensation d’oppression, de vertige, de faiblesse ou de picotement intense appelle une sortie immédiate, sans chercher à tenir quelques minutes de plus.

Le konyoku, le bain mixte, existe encore dans quelques vallées ou stations rurales. Il ne fonctionne pas comme un spa mixte occidental. Les règles locales sont affichées et peuvent prévoir une tenue fournie appelée yuami-gi, des horaires réservés aux femmes ou des entrées séparées. L’usage indiqué sur place prime toujours sur les habitudes lues dans un guide. Le maillot personnel peut être interdit même lorsque le bain est mixte, car la tenue imposée répond à des règles précises.

Un séjour thermal peut réveiller des complexes corporels ou une gêne liée à une cicatrice. Le bain privatif enlève cette pression, sans retirer la beauté du rituel. La relaxation ne dépend pas d’une capacité à suivre la version la plus traditionnelle du bain. Elle dépend de conditions dans lesquelles le corps se sent assez en sécurité pour ralentir vraiment.

Les démarches esthétiques plus lourdes demandent aussi du temps avant l’exposition à une chaleur élevée. Après une intervention, l’avis du chirurgien reste prioritaire, notamment lorsqu’une procédure de labioplastie impose une période de cicatrisation stricte. Un bassin public, l’humidité et la chaleur ne se décident pas sur une envie de voyage. Le calendrier de récupération doit passer avant l’itinéraire.

Choisir un ryokan et lire les panneaux d’un Onsen au Japon

Choisir un ryokan pour son bain demande de regarder un peu plus loin que les photos d’un bassin fumant au coucher du soleil. Les images montrent rarement les horaires réservés, les règles sur les tatouages, la température réelle de l’eau ou la présence d’un bain extérieur. Un établissement peut proposer un magnifique rotenburo, mais imposer des créneaux séparés ou fermer le bassin lors d’un nettoyage quotidien. Ces détails changent l’expérience.

Un premier critère concerne le type de bain recherché. Un bain intérieur, uchiyu, convient bien lorsque la météo est fraîche ou lorsque l’on veut une chaleur constante. Un rotenburo ajoute le contact avec l’air extérieur, le son de la pluie ou la vue sur les reliefs. En hiver, sortir d’un vestiaire chaud pour rejoindre un bassin dehors peut être saisissant, puis très agréable une fois les épaules dans l’eau. Les pieds doivent avancer lentement sur les pierres humides, qui peuvent être glissantes.

La réservation d’un bain privatisé se vérifie avant l’arrivée. Certains ryokan incluent une séance, d’autres demandent un supplément ou fonctionnent avec un tableau de créneaux à l’accueil. Pour un premier Onsen, cette formule aide à comprendre tranquillement le lavage, le kakeyu et la température de l’eau. Elle n’exonère pas des règles d’hygiène. Le bassin privé se respecte de la même manière que le bassin partagé.

Trois expressions japonaises permettent de lire les panneaux les plus fréquents. 貸切, kashikiri, indique une privatisation. 露天風呂, rotenburo, annonce un bain en plein air. 源泉かけ流し, gensen kakenagashi, signale une eau de source renouvelée en continu. Le personnel peut expliquer les spécificités du lieu avec quelques mots simples, mais la plupart des ryokan touristiques fournissent désormais des pictogrammes ou une notice en anglais.

Les bains sont parfois accessibles tôt le matin, avant le petit déjeuner. Ce créneau a beaucoup de charme, mais il ne demande pas de performance. Si la nuit a été courte, un bain plus bref suffit. Une douche, quelques minutes dans l’eau chaude, une pause puis un petit déjeuner salé peuvent être plus agréables qu’une longue immersion qui laisse somnolente pour la journée. Le rituel doit s’adapter au niveau d’énergie réel.

Dans les stations thermales, les auberges proposent fréquemment plusieurs bassins avec des températures différentes. Commencer par le moins chaud évite l’effet de choc. Les eaux à 38 ou 39 °C sont plus faciles à tolérer longtemps que celles proches de 42 °C. La peau rougit naturellement sous l’effet de la chaleur, mais une coloration très intense accompagnée d’inconfort, de démangeaisons ou de palpitations justifie une pause hors de l’eau.

Le soin de la peau après le bain mérite aussi une approche simple. Une crème au niacinamide à 2 ou 4 % peut soutenir la fonction barrière si elle ne contient pas un parfum agressif, mais elle ne remplace pas une consultation en cas de réaction cutanée. Un sérum à l’acide ascorbique pur à 15 % peut attendre le lendemain matin si la peau est déjà échauffée. Le soir du bain, une formule sans actifs exfoliants et sans rétinol limite les risques de picotements inutiles.

Les comparaisons avant-après dans l’univers du bien-être peuvent donner l’impression qu’un week-end de sources chaudes efface la fatigue, les tensions ou les marques sur le corps. Les transformations avant après racontent rarement le sommeil, l’alimentation, la régularité des soins ou le contexte de vie. Un Onsen offre une parenthèse sensorielle et culturelle. Il ne corrige pas en deux bains une déshydratation chronique ou une barrière cutanée fragilisée.

Le meilleur repère reste l’observation. Une eau qui sent le soufre, un dépôt minéral au fond du bassin, une température affichée et des consignes strictes racontent plus honnêtement le lieu que dix arguments de spa. Dans ce cadre, suivre le rythme des habitués permet d’entrer dans la tradition japonaise sans se mettre en scène ni chercher à tout contrôler.

Faut-il être entièrement nu dans un Onsen japonais ?

Dans un Onsen traditionnel séparé entre hommes et femmes, la nudité est la règle. Le maillot est admis uniquement si l’établissement l’indique clairement, notamment dans certains bains mixtes ou complexes conçus pour les familles.

Peut-on entrer dans un Onsen avec un tatouage ?

Chaque établissement fixe sa politique. Un petit motif peut parfois être couvert avec un tattoo seal, tandis qu’un bain privatisé ou un ryokan tattoo friendly offre une option plus sereine pour les tatouages visibles.

Faut-il se rincer après un bain thermal au Japon ?

L’usage consiste souvent à ne pas se rincer afin de garder le contact des minéraux sur la peau. Une eau très acide ou fortement sulfurée peut toutefois justifier un rinçage rapide si la peau sensible picote ou rougit.

Combien de temps rester dans une source chaude ?

Une immersion de dix à quinze minutes convient à la plupart des personnes. Fais une pause hors du bassin, bois de l’eau et raccourcis le bain si des vertiges, une fatigue brutale ou des palpitations apparaissent.

Comment fermer un yukata dans un ryokan ?

Le pan gauche se place toujours au-dessus du pan droit. Le sens inverse est associé à l’habillement funéraire au Japon. La ceinture se noue ensuite devant ou légèrement sur le côté.

Rédigé par

Sophie Girard

La Parenthèse

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